Bonheur

Les chercheurs savent maintenant quantifier que notre sensation de bonheur dépend à 50% de notre génétique (notre microbiote et le rôle joué dans les neurotransmetteurs pour la dopamine et la sérotonine y seraient pour beaucoup), à 40% de ce que l’on fait (donc  aussi de la manière dont on pense) et enfin seulement à 10% des événements extérieurs.

C’est pour cela qu’on observe que, peu importe l’intensité d’un événement négatif ou positif (accident grave ou gain au loto par exemple), le niveau de bonheur d’une personne tend à revenir à celui d’avant l’événement en question après quelques mois.

Il y a une forme d’ « habituation hédonique » aux choses qui nous rendent heureux, particulièrement par rapport à l’acquisition de biens matériels (on sait d’ailleurs qu’au-delà d’un certain salaire son augmentation ne nous satisfait quasiment plus, alors pourquoi toujours vouloir gagner plus ?).

40% de notre bonheur dépend donc de nous ! C’est une bonne nouvelle de savoir qu’on a une marge de manœuvre assez conséquente, mais comment s’y prendre ?

La première chose essentielle est de bien se connaître et d’apprendre à s’accepter. Savoir s’accepter tel que l’on est constitue un bon rempart contre la fragilisation narcissique que peuvent occasionner la comparaison et la compétition  dans nos sociétés de plus en plus axées sur l’image et la réussite matérielle. Les chercheurs ont montré d’ailleurs que les  gens se disent moins heureux dans les sociétés inégalitaires que dans celles où la pyramide sociale est plus aplatie (comme dans les pays nordiques ou en Asie).

Ensuite avoir une vie riche en lien social, connectée à la nature, et à laquelle on peut donner du sens, nous rend plus heureux. Tout ceci étant renforcé si on s’exerce à la « gratitude » pour les choses qu’on a (au lieu d’être toujours dans l’anticipation des choses qu’on voudrait avoir).

Si 40% de notre bonheur peut être impacté par la manière dont nous pensons, nous ressentons et nous nous comportons, alors comprendre davantage comment fonctionne notre cerveau en vaut la peine ! J’essaierai d’apporter ma contribution au fil des pages de ce blog à travers plusieurs grilles de lecture pluridisciplinaires, au croisement entre neurosciences et sciences sociales.

Des milliards sont dépensés chaque année en livres et formations de développement personnel pour comprendre la complexité humaine et tenter d’aller mieux ! Je vous partagerai mon avis sur ce qui est devenu une industrie du bonheur qui peut rendre paradoxalement parfois plus malheureux ! L’injonction à « se réaliser », à découvrir son « vrai moi », à penser toujours « positif », à développer ce que certains gourous appellent un « pouvoir illimité » est bien le symptôme d’une société occidentale et d’une époque.

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