Indications de l'hypnose

Qu’est-ce que l’hypnose ?

Sans le savoir nous expérimentons l’état d’hypnose plusieurs fois par jour ! C’est une sorte d’état entre la veille et le sommeil que nous vivons quand nous sommes à la fois là (par exemple concentrés en voiture sur la conduite d’un chemin que nous connaissons bien) et en même temps ailleurs (absorbés par d’autres pensées). Ou quand on est tellement « dans » un bon film ou roman tout en étant « dehors », bien assis sur sa chaise. 

L’hypnose est donc un phénomène naturel qui peut être tout autant agréable que désagréable surtout si l’on est victime de pensées négatives qui à force de ruminations génèrent de l’anxiété.

Le mot « hypnose » recouvre trois significations :

  1. Un état particulier de la conscience (nommé également « transe »)
  2. Des techniques employées pour induire cet état
  3. Des outils thérapeutiques utilisés dans le champ des Thérapies cognitivo-comportementales (TCC), thérapies brèves.

L’hypnose étant un outil de TCC toutes les indications pour lesquelles l’efficacité des TCC est attestée font aussi partie du champ d’application de l’hypnose. On retiendra les principales :

Gestion du Stress – Prévention du burn-out et de la dépression – Addictions (tabac, alcool, nourriture, etc.) – Faible confiance en soi – Réduction des douleurs – Peurs, Phobies – Troubles du sommeil – Troubles de la concentration – Préparation aux concours et épreuves sportives.

Qui est hypnotisable ?

80% des personnes seraient facilement suggestibles, 10% extrêmement et 10% peu. Un prérequis essentiel est que la personne veuille être hypnotisée ET que la relation patient-praticien se fasse dans un climat de confiance . Le praticien peut au préalable réaliser un petit test de suggestibilité pour évaluer la réceptivité de la personne. Toutes les études menées concluent qu’il n’existe pas de « profils de personnalité » plus hypnotisables que d’autres. 

Est-ce que l’hypnose est indiquée pour les enfants et adolescents ?

On dit que le pic d’hypnotisabilité se situe entre 7 et 14 ans. L’hypnose est plus facile avec les enfants qui font déjà sans cesse des allers-retours entre imaginaire et réalité. Par ailleurs ils jouent plus le jeu car ils sont moins facilement dans le jugement que les adultes.

Quelles complémentarités avec la médecine générale ?

Les principaux motifs de consultations chez un généraliste sont la fatigue, les troubles du sommeil , le stress, les douleurs et les  addictions. L’hypnose est un outil qui peut venir en complément de l’approche médicale classique. L’hypnose a aussi fait son entrée dans les hôpitaux notamment pour le traitement de la douleur  et en anesthésie. 

Elle peut aider aussi les patients qui souffrent de douleurs chroniques mal calmées par les médicaments et/ou de maladies pouvant aussi être psychosomatiques comme les douleurs abdominales, l’eczéma, le psoriasis ou encore les migraines. L’hypnose se développe aussi pour traiter l’anxiété, la dépression, l’insomnie, la fatigue mais elle est contre-indiquée dans les accès aiguës de psychose et l’anorexie mentale.

Comment se sent-on en état de conscience modifié ?

La personne en état d’hypnose va se sentir détendue, absorbée mais toujours là et dans l’absence de jugement sur ce qui se passe.

Les principales caractéristiques de cet état sont :

  • une forte activation de la conscience (sensation de se sentir absorbé, capté)
  • une activité de visualisation (on imagine des choses et on est observateur de soi-même donc « dissocié » car à la fois présent dans la salle et ailleurs )
  • les sens sont mobilisés facilement (et c’est un levier utilisé pour rentrer et rester dans cet état) ainsi que les émotions

L’IRM montre que sous hypnose c’est le cerveau droit qui est privilégié c’est à dire la zone siège de l’intuition et de la créativité. C’est ce que certains appellent plutôt les ressources de l’inconscient sans oublier l’importance des données perceptives (ressentis corporels).

Y a-t-il des précautions / contre-indications à respecter ?

L’hypnose est à éviter pour les profils de patients diagnostiqués par un médecin psychiatre comme ayant des « troubles psychotiques« . Il en est de même pour les « troubles anorexiques« . Enfin l’hypnose est à manier avec grande précaution dans le cas des traumas. Une démarche volontaire de recherche de souvenirs en cas d’amnésie traumatique n’est pas recommandée (problématique des faux souvenirs notamment).

Je suis supervisée et m’astreins à respecter la stricte confidentialité des personnes que j’accompagne. Ayant conscience des limites de ma pratique je peux refuser une prise en charge en proposant de rediriger vers un professionnel de santé (médecin, médecin psychiatre ou Centre du Psychotrauma). La démarche d’accompagnement proposée est en effet différente d’une démarche «médicale» engageant un diagnostic /pronostic/ traitement prescrit par médecin. Aucune prescription médicale ne sera mise en doute et aucune ne sera proposée.

Pourquoi le travail est-il si rapide alors que certaines thérapies peuvent prendre des années ?

En hypnose la personne va rapidement mieux sans forcément savoir pourquoi alors que en psychanalyse elle peut continuer à aller mal mais en sachant pourquoi. On ne cherche plus les causes à un problème mais à mobiliser rapidement des ressources et un état de bien-être dont tout un chacun peut avoir accès pour trouver des solutions.

C’est pour cela que l’hypnose fait partie de la famille des thérapies brèves.

Qu’est-ce que l’hypnose ericksonienne ?

C’est une hypnose inspirée du psychiatre américain Milton Erickson (1901-1980) qui utilisait habilement l’art de la suggestion hypnotique pour faciliter l’accès aux nombreuses ressources dont la personne dispose pour aller mieux mais dont elle n’a pas conscience. C’est une hypnose qui peut guérir ou soulager la personne en lui donnant accès à son potentiel et sans rien imposer car la personne reste maître de la situation.

Quelles différences entre hypnose, relaxation, sophrologie ?

La sophrologie a été créée en 1960 par A. Caycedo, neuropsychiatre ayant étudié l’hypnose. La différence est celle de l’état proprement dit : l’état sophronique est un état de relaxation dont les ondes cérébrales (alpha) se situent entre 8 et 10 Hz  alors que les ondes (théta) de l’état hypnotique varie entre 4 et 7 Hz. Les techniques sont aussi différentes : l’une se centre sur l’attention et l’évaluation de son état de relaxation alors que l’autre utilise la suggestion.  Enfin en état d’hypnose on est dissocié (c’est-à-dire à la fois là et ailleurs), ce qui n’est pas le cas avec la sophrologie. 

Comment se déroule une séance d’hypnose ?

Tout d’abord le praticien interroge le patient sur sa perception de l’hypnose pour éventuellement le recadrer par rapport à celle-ci.

Ensuite il laisse le patient décrire ce qui pose problème pour recueillir dans le discours tout ce qui va pouvoir servir à la séance (images utilisées, nature du symptôme, canaux sensoriels privilégiés, etc). Cette phase est importante pour préparer au mieux le choix des mots, des images, des suggestions et du protocole utilisé par la suite. A ce stade le patient peut aussi être interrogé sur ce qu’il souhaite faire, par exemple travailler en visualisation un lieu qui peut rendre la situation plus confortable.

Puis le patient (assis, debout ou allongé) va être invité à se détendre en respirant profondément. Le praticien , à l’aide de diverses méthodes dites d’induction comme par exemple la focalisation sur un point, le fait rentrer dans un « état de conscience modifié » où le travail va pouvoir s’effectuer. Le patient est bien sûr toujours conscient d’être dans la pièce et peut échanger sur ce qu’il voit et ressent dans cet état. Les techniques employées à ce stade sont très variables : suggestions directes de modification de la perception, usage de métaphores, accentuation du vécu de détente et bien d’autres choses encore. Tout dépend des objectifs à atteindre mais aussi de la créativité mise en oeuvre dans l’interaction entre patient et praticien.

La dernière phase est celle du debriefing où va aussi se décider si d’autres séances sont nécessaires et sur quels objectifs. Le praticien peut aussi apprendre au patient à réaliser seul ce qui a été fait.

Comment prolonger les effets de la séance d’hypnose ?

Le praticien vise l’autonomie du patient et va donc lui apprendre à reproduire lui-même l’expérience. On appelle cela l’auto-hypnose

L’efficacité de l’hypnose a-t-elle été prouvée scientifiquement ?

Oui et d’ailleurs l’hypnose est de nos jours aussi utilisée dans les hôpitaux. De nombreuses études ont permis de déceler qu’une suggestion hypnotique provoquait des réponses neuronales. L’hypnose inhibe les aires cérébrales impliquées dans la perception de l’environnement tout en activant celles intervenant dans la conscience de soi. La question de croire ou pas au phénomène hypnotique n’est donc plus un sujet, il s’agit plutôt de savoir si on adhère ou pas à cette forme de pratique. 

Comment expliquer qu’une douleur disparaisse ou s’atténue sous hypnose ?

Ce qui est modifié par l’hypnose n’est pas le message lui-même (le cerveau sait que le corps est en souffrance) mais ce qui en est fait : on traite les dimensions affective et cognitive de la douleur. Autrement dit avec l’hypnose on peut donc leurrer son cerveau pour aller mieux ! 

Comment traiter par exemple la phobie d’une prise de sang ?

Le patient sera amené à décrire sous hypnose comment il perçoit cette peur énorme (respiration haletante, transpiration, boule dans la gorge, etc.) et grâce aux suggestions faites par le praticien il va apprendre à changer un à un ses ressentis jusqu’à ne plus ressentir corporellement l’angoisse. 

Y a-t-il un rapport avec l’hypnose de « spectacle » ?

L’hypnose Ericksonienne est dite « permissive », c’est à dire que tout le monde peut être hypnotisé car cette hypnose respecte le patient, contrairement à l’hypnose « autoritaire » qui est celle que l’on voit dans les spectacles d’hypnose (type Messmer) et qui n’est possible que sur un nombre réduit de personnes (d’où les tests de suggestibilité en début de spectacle afin de repérer les personnes les plus influençables). Dans tous les cas personne ne peut obliger une personne simplement via l’ hypnose à agir contre son gré, ses valeurs, son intégrité physique. 

Quelle est la principale idée reçue concernant l’hypnose ?

La majorité des personnes pensent qu’en état d’hypnotique elles vont être déconnectées de la réalité avec une forme d’amnésie une fois « réveillées ». Bien que cela soit inexact cette représentation peut donc créer la peur que le praticien puisse avoir un pouvoir sur eux. Par ailleurs si le patient se sent très fragile la situation hypnotique peut être associée à une forme de lâcher prise avec le risque que ses angoisses se retrouvent au premier plan. C’est là que l’expertise du praticien ainsi que sa capacité à créer une relation sécurisante avec son patient vont être déterminantes dans la réussite de l’expérience hypnotique. 

 

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